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Démissions en cascade : les communes s'organisent

Article paru dans La Broye Hebdo du 23 octobre 2025

Genre : enquête

En résumé : 

Mon enquête s’est intéressée aux démissions en série survenues au sein des exécutifs communaux broyards durant la présente législature. Ces départs successifs révèlent un malaise : concilier mandat politique et vie privée demeure un défi dans les petites collectivités. Conscientes de l’enjeu, les communes explorent différentes pistes pour éviter de nouvelles vagues de retraits, sans toutefois disposer de solution miracle.

La Broye Hebdo n’est pas un média spécialisé dans l’investigation. J’ai dû improviser sur le plan formel, faute de maquettes prédéfinies pour ce type d’exercice. En accord avec la nouvelle rédaction, il a été décidé de publier l’enquête sur une double page, avec un article principal d’une longueur comprise entre 12 000 et 15 000 signes, accompagné d’une ou deux entrées complémentaires.

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Mon point d'ancrage : 

La publication de cette enquête s’inscrit dans un contexte politique particulier. Les campagnes pour les élections communales de mars 2026 viennent à peine de débuter, notamment dans les principaux centres urbains broyards. Il m’a semblé pertinent de dresser un état des lieux des difficultés rencontrées au cours de la présente législature, alors que plusieurs communes ont été touchées par des vagues de démissions.

Parmi les épisodes marquants, celui de Faoug s’impose comme un cas emblématique. Au printemps dernier, l’exécutif communal a mis près de cent jours à remplacer un municipal démissionnaire — le quatrième depuis le début de la législature. La plupart de ces départs étaient motivés par des raisons familiales ou professionnelles. L’affaire a rapidement pris des allures de feuilleton.

Ce cas particulier m’a incité à établir des statistiques sur les départs enregistrés dans l’ensemble de la Broye intercantonale, en épluchant les archives des différents journaux régionaux. Si certaines situations relèvent de l’exception — comme la mise sous tutelle de Gletterens — les chiffres dégagent une tendance nette : la majorité des démissions sont liées à des motifs privés.

Les raisons les plus souvent invoquées sont d’ordre professionnel ou familial. De nombreux élus ont vu leur situation personnelle évoluer ou ont été confrontés à une surcharge de travail, illustrant la problématique susmentionnée : concilier vie privée et engagement public demeure un défi pour les collectivités broyardes. Reste une question centrale : comment ces communes, plus particulièrement celles frappées par des démissions en cascade, s’organisent-elles pour y faire face et éviter de nouvelles vagues de retraits ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contenu :

L'objectif était d’analyser les différentes réponses apportées par les communes confrontées à ces difficultés. Des grandes tendances se sont rapidement dessinées : certaines ont choisi de revaloriser financièrement leurs élus, d’autres ont envisagé une fusion ou renforcé leur administration — en recrutant du personnel supplémentaire ou en développant des collaborations intercommunales.

Malgré des tendances bien délimitées, les réalités locales demeurent contrastées. Chaque commune a emprunté une ou plusieurs voies selon ses priorités et ses moyens. Explorer ces différentes approches a permis d’en mesurer la pertinence, mais aussi d’en souligner les limites — qu’elles soient économiques ou structurelles. 

 

Mon feedback :

Se lancer dans cette enquête a représenté un défi, d’autant plus que la rédaction traversait une période de restructuration. Le sujet a dû être validé à la fois par mon ancienne rédactrice en chef et par sa successeure. 

Je suis satisfait du résultat final, en particulier de l’effort consacré à établir des statistiques sur les motifs ayant conduit à des démissions dans la Broye. Ce travail s’est révélé exigeant, entre le dépouillement des archives et la vérification des zones d’ombre auprès des administrations cantonales et communales concernées.

Même si ces chiffres confirment une problématique bien réelle, j’en reconnais aussi leurs limites. Les données reposent sur des motifs publiquement évoqués par les démissionnaires, alors que d’autres raisons, plus personnelles, peuvent entrer en jeu. Par ailleurs, une dizaine de démissions échappent encore à toute catégorisation, les démissionnaires n’ayant pas souhaité s’exprimer.

Dans un autre registre, j’ai tenu à valoriser les témoignages d’élus communaux. Il m’a paru essentiel de construire le récit autour des communes les plus touchées — notamment Faoug, Saint-Aubin et Curtilles —, d’interroger leurs représentants sur les solutions envisagées, de les inviter à prendre du recul, ou encore de les confronter à leurs propres choix. Ces voix locales ont été croisées avec celles d’experts en politique communale et de représentants cantonaux, tout en respectant une ligne claire : proposer un casting 100 % broyard, fidèle à l’esprit de La Broye Hebdo.

Crédit photographique : ©Charly Rappo - La Liberté

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